jeudi 6 novembre 2025

Burkina/Colloque international et pluridisciplinaire : Cérémonie d'hommage au Pr Serge Théophile Balima homme des médias

 Les 06 et 07 novembre 2025, la salle PSUT de l’Université Joseph KI-ZERBO accueille une rencontre académique majeure autour d’une question centrale pour l’avenir du secteur médiatique : « Peut-on encore former aux métiers de l’information et de la communication face aux défis de la digitalisation et des médias numériques ? ».

      Présidium de la cérémonie d'hommage 


L’évènement est placé sous le patronage du Dr Ousmane Bougma, Président de l’Assemblée Législative de Transition, avec pour parrain scientifique le Pr Jean François Konbiane, Président de l’Université Joseph KI-ZERBO, et pour parrain institutionnel le Ministre de la Communication, des Arts et du Tourisme, Pingdewendé Gilbert Ouédraogo.

                    Photo d'illustration 

Dans un contexte où l’espace public burkinabè se transforme sous l’effet de la technologie et de la multiplication des canaux médiatiques, la question de la légitimité de l’information se pose avec acuité. Journalistes professionnels, communicateurs institutionnels, influenceurs numériques et producteurs de contenus en ligne cohabitent désormais dans un environnement dense et parfois chaotique. Cette diversité d’acteurs modifie la manière dont l’information est produite, diffusée et perçue, tandis que la confiance du public devient de plus en plus fragmentée. L’accélération technologique impose de nouvelles exigences qui affectent autant les pratiques que la crédibilité des professionnels.


La digitalisation apparaît ainsi comme une opportunité mais aussi comme un défi. Si elle permet une circulation rapide et élargie de l’information, elle engendre également la prolifération des fausses nouvelles, une concurrence exacerbée entre professionnels et amateurs, et une pression constante sur la rapidité au détriment parfois de la qualité. Certains observateurs évoquent même une crise identitaire qui touche particulièrement les journalistes et remet en cause leur position dans la chaîne de production de l’information. Le public, de son côté, navigue entre diverses sources sans toujours distinguer les contenus fiables de ceux qui ne le sont pas.


Dans ce contexte, la formation aux métiers de l’information et de la communication n’est pas dépassée, mais elle doit impérativement évoluer. Les institutions de formation sont désormais appelées à intégrer des compétences numériques avancées, une maîtrise des outils technologiques, une compréhension profonde des logiques des plateformes numériques, ainsi qu’une capacité à analyser de manière critique les contenus qui circulent. Former des professionnels résilients et capables de s’adapter aux mutations rapides du paysage médiatique devient une priorité. La crédibilité se construit désormais autant par la compétence technique que par la transparence, la rigueur et la capacité à instaurer une relation de confiance avec le public.


Les participants à cette rencontre soulignent également l’importance d’harmoniser les pratiques des différents acteurs. Journalistes, communicateurs, institutions et influenceurs doivent trouver des passerelles de collaboration afin d’assurer un paysage informationnel plus cohérent et plus responsable. Le public burkinabè, de plus en plus connecté, attend une information fiable, claire et vérifiable. La formation, loin d’être obsolète, demeure donc un pilier essentiel pour accompagner la transition numérique du secteur.


En définitive, l’évolution du paysage médiatique ne remet pas en cause la nécessité de former aux métiers de l’information et de la communication. Au contraire, elle impose une réinvention des méthodes, des contenus et des approches pédagogiques afin de préparer une nouvelle génération de professionnels capables de répondre aux exigences d’un monde numérique en constante mutation.

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