samedi 31 janvier 2026

Communiquer, c’est convaincre : quand la communication devient un art selon Bernard Dagenais



Dans le langage courant, communiquer signifie souvent « informer », « expliquer » ou « faire passer un message ». Pourtant, pour Bernard Dagenais, figure majeure des sciences de la communication, cette définition est largement insuffisante. Dans son ouvrage Communiquer ou l’art de convaincre, il défend une idée forte : toute communication est fondamentalement un acte de persuasion. Autrement dit, communiquer, ce n’est jamais être neutre ; c’est toujours chercher à influencer.



Bernard Dagenais et sa vision de la communication

Professeur à l’Université Laval, Bernard Dagenais a consacré une grande partie de ses travaux à l’analyse des discours publics, politiques et institutionnels. Sa réflexion s’inscrit dans une approche stratégique de la communication, loin des modèles simplistes de transmission d’informations.

Pour lui, un message n’existe jamais en dehors d’une intention. Dès lors qu’un individu ou une organisation communique, il poursuit un objectif précis : convaincre, rassurer, mobiliser, légitimer ou encore justifier une action. La communication devient alors un outil de pouvoir symbolique.


La communication comme stratégie, pas comme simple échange

Selon Dagenais, communiquer revient à faire des choix : choisir ce que l’on dit, ce que l’on tait, comment on le dit et à qui on s’adresse. Ces choix ne sont jamais anodins. Ils relèvent d’une véritable stratégie.

Prenons l’exemple de la communication institutionnelle. Lorsqu’une administration publique annonce une réforme, elle ne se contente pas d’en présenter les aspects techniques. Elle construit un discours destiné à faire accepter la décision, à en souligner les bénéfices et à atténuer les résistances. Le vocabulaire employé, le ton, le moment de la prise de parole et les supports utilisés participent tous à cette stratégie de conviction.

Ainsi, pour Dagenais, la communication est toujours orientée vers un effet recherché sur le récepteur.


Convaincre ne signifie pas seulement argumenter

L’un des points essentiels de la pensée de Dagenais est que la persuasion ne repose pas uniquement sur la logique ou les faits. Certes, les arguments rationnels sont importants, mais ils ne suffisent pas à eux seuls à convaincre.

La communication efficace mobilise également l’émotion, les symboles et les valeurs partagées. Dans les médias, par exemple, la manière dont une information est racontée influence fortement la perception du public. Une même réalité peut susciter l’adhésion, l’indignation ou l’indifférence selon le récit qui l’accompagne.

Dans le domaine des relations publiques, les organisations l’ont bien compris. En situation de crise, elles ne cherchent pas seulement à prouver qu’elles ont raison, mais à montrer qu’elles comprennent les inquiétudes, qu’elles assument leurs responsabilités et qu’elles méritent la confiance du public.


L’importance de la crédibilité et du public

Pour Bernard Dagenais, la force d’un message dépend aussi de celui qui le porte. La crédibilité de l’émetteur est un facteur déterminant. Un discours sera d’autant plus convaincant que la source est perçue comme légitime, compétente ou digne de confiance.

Mais le récepteur joue également un rôle central. Il n’est jamais passif. Il interprète le message à partir de son contexte culturel, de ses croyances et de ses expériences personnelles. C’est pourquoi une communication persuasive efficace est toujours adaptée à son public.

Dans la communication politique, par exemple, un même message peut être reformulé différemment selon qu’il s’adresse à des jeunes, à des entrepreneurs ou à des populations rurales. Convaincre, c’est avant tout comprendre son auditoire.


Une vision toujours actuelle de la communication

La pensée de Bernard Dagenais reste particulièrement pertinente à l’ère du numérique. Réseaux sociaux, communication d’influence, storytelling, marketing politique : jamais les stratégies de persuasion n’ont été aussi visibles et aussi sophistiquées.

Si cette approche soulève des questions éthiques notamment sur la frontière entre convaincre et manipuler elle a le mérite de rappeler une vérité essentielle : la communication n’est jamais innocente. En prendre conscience, c’est déjà se donner les moyens de mieux analyser les discours qui nous entourent, mais aussi de communiquer de manière plus responsable.

En définitive, comprendre la communication comme un art de convaincre, c’est reconnaître son pouvoir, ses enjeux et sa responsabilité dans la construction de l’opinion et du sens collectif.



jeudi 6 novembre 2025

Burkina/Colloque international et pluridisciplinaire : Cérémonie d'hommage au Pr Serge Théophile Balima homme des médias

 Les 06 et 07 novembre 2025, la salle PSUT de l’Université Joseph KI-ZERBO accueille une rencontre académique majeure autour d’une question centrale pour l’avenir du secteur médiatique : « Peut-on encore former aux métiers de l’information et de la communication face aux défis de la digitalisation et des médias numériques ? ».

      Présidium de la cérémonie d'hommage 


L’évènement est placé sous le patronage du Dr Ousmane Bougma, Président de l’Assemblée Législative de Transition, avec pour parrain scientifique le Pr Jean François Konbiane, Président de l’Université Joseph KI-ZERBO, et pour parrain institutionnel le Ministre de la Communication, des Arts et du Tourisme, Pingdewendé Gilbert Ouédraogo.

                    Photo d'illustration 

Dans un contexte où l’espace public burkinabè se transforme sous l’effet de la technologie et de la multiplication des canaux médiatiques, la question de la légitimité de l’information se pose avec acuité. Journalistes professionnels, communicateurs institutionnels, influenceurs numériques et producteurs de contenus en ligne cohabitent désormais dans un environnement dense et parfois chaotique. Cette diversité d’acteurs modifie la manière dont l’information est produite, diffusée et perçue, tandis que la confiance du public devient de plus en plus fragmentée. L’accélération technologique impose de nouvelles exigences qui affectent autant les pratiques que la crédibilité des professionnels.


La digitalisation apparaît ainsi comme une opportunité mais aussi comme un défi. Si elle permet une circulation rapide et élargie de l’information, elle engendre également la prolifération des fausses nouvelles, une concurrence exacerbée entre professionnels et amateurs, et une pression constante sur la rapidité au détriment parfois de la qualité. Certains observateurs évoquent même une crise identitaire qui touche particulièrement les journalistes et remet en cause leur position dans la chaîne de production de l’information. Le public, de son côté, navigue entre diverses sources sans toujours distinguer les contenus fiables de ceux qui ne le sont pas.


Dans ce contexte, la formation aux métiers de l’information et de la communication n’est pas dépassée, mais elle doit impérativement évoluer. Les institutions de formation sont désormais appelées à intégrer des compétences numériques avancées, une maîtrise des outils technologiques, une compréhension profonde des logiques des plateformes numériques, ainsi qu’une capacité à analyser de manière critique les contenus qui circulent. Former des professionnels résilients et capables de s’adapter aux mutations rapides du paysage médiatique devient une priorité. La crédibilité se construit désormais autant par la compétence technique que par la transparence, la rigueur et la capacité à instaurer une relation de confiance avec le public.


Les participants à cette rencontre soulignent également l’importance d’harmoniser les pratiques des différents acteurs. Journalistes, communicateurs, institutions et influenceurs doivent trouver des passerelles de collaboration afin d’assurer un paysage informationnel plus cohérent et plus responsable. Le public burkinabè, de plus en plus connecté, attend une information fiable, claire et vérifiable. La formation, loin d’être obsolète, demeure donc un pilier essentiel pour accompagner la transition numérique du secteur.


En définitive, l’évolution du paysage médiatique ne remet pas en cause la nécessité de former aux métiers de l’information et de la communication. Au contraire, elle impose une réinvention des méthodes, des contenus et des approches pédagogiques afin de préparer une nouvelle génération de professionnels capables de répondre aux exigences d’un monde numérique en constante mutation.

samedi 14 juin 2025

Gallian 2025: Le vainqueur du super Gallian de la 28e édition est, Liradan Phillipe Ada

La 28e édition de La nuit des Gallian s'est  tenue ce vendredi, 13 juin et vise à récompenser l'excellence journalistique au Burkina Faso.

Liradan Phillipe Ada, journaliste à la Rtb engagé dans la lutte contre le terrorisme remporte le super Gallian 2025 de cette 28e édition avec une moyenne de 17.2/20.

Nuit des Gallian

Il remporte à cet effet, le prix spécial de la présidence du Faso composé de 1 million et 1 trophée.

Super Gallian,il repart avec une maison par offerte par le Groupe Kastor Africa, ainsi qu’un bon d’assurance offert par Sunu Assurances non, une enveloppe de 3 millions et un trophée 

Il est à sa 2e fois de remporter le super Gallian, la 1re c'était en 2022.

Liradan Phillipe Ada, journaliste reporter de la Rtb Télévision


mardi 10 juin 2025

Alliance des États du Sahel (AES ): L'hymne de l' AES afin disponible

 L'hymne de la confédération des États du Sahel tant attendue a enfin fait son apparition ce lundi 9 juillet.

Un Espace, un Peuple, un Destin; l'Afrique en avant 


vendredi 6 juin 2025

Burkina Faso/Ouagadougou: Un jeune innovateur qui redonne vie aux cartons usés

Dans les rues de Ouagadougou, on croise souvent des piles de cartons abandonnés, destinés à la décharge. Mais pour Bertrand Tiendrebeogo, élève en Mécanique Générale dans un lycée Technique de Ouagadougou ces déchets sont loin d’être inutiles. Mieux encore, ils représentent une opportunité de créer, d’innover… et de se faire un peu d'argent.

Bertrand Tiendrebeogo, Élève en mécanique générale 

Un regard différent sur les déchets

Tout a commencé par une simple travail de vacances : “Celui ci aidait un monsieur à faire son travail pour se faire un peu de sous afin de payer ses fournitures à la rentrée" Cette expérience lui a permis de voir comment s'était rentable, appuyée par sa passion pour la mécanique et les travaux manuels, il s'est posé la question "Pourquoi ne pas me lancer dans une aventure peu ordinaire" : la reconstitution de cartons usés.

Avec patience et ingéniosité, il récupère les cartons dans les marchés, les boutiques et même chez ses voisins. Une fois chez lui , il les nettoie, les renforce, et les transforme en objets utiles : cartons pour savon, pour jus et liqueurs. Le tout avec des outils simples, beaucoup d'idées, et même avec les détails.

Une initiative écologique et éducative

Ce projet n’est pas juste un bricolage. Pour Bertrand, c’est une manière concrète de lutter contre le gaspillage et de montrer que chaque geste compte dans la préservation de notre environnement. Son entourage commence à suivre l’exemple : ses amis l'aident lorsque le travail est débordé, certains devanciers lui donnent même des conseils techniques pour aller plus loin.

"Je veux montrer aux jeunes qu’on peut créer de la valeur à partir de ce que les autres jettent. Et qu’on n’a pas besoin de gros moyens pour commencer". Confie-t-il 

           Carton recyclé près à l'utilisation 


Et après ?

Loin de s’arrêter là, Bertrand a déjà des projets plein la tête : ouvrir un grand atelier de recyclage dans 5 ans avec le matériel qu'il faut, former d’autres jeunes à la revalorisation des matériaux, et pourquoi pas, un jour, poursuivre des études d’ingénierie pour imaginer à plus grande échelle des solutions éco-responsables adaptées à son pays.

Dans un monde qui croule sous les déchets, l’initiative de Bertrand Tiendrebeogo fait du bien. Elle rappelle que le changement commence souvent par une idée simple, portée avec passion et détermination.


mercredi 28 mai 2025

Burkina/Internet : 2ème Journée de l'acceptation universelle


La 2e édition de l'acceptation universelle placé sous le Thème : "Acceptation universelle défis et perspectives pour le Burkina Faso " s'est tenu ce mercredi 28 mai au Centre national Cardinal Paul ZOUNGRANA à Ouagadougou.


La cérémonie a été organisée par ECODEV International, L’association Burkinabè des Domaines Internet (ABDI), ICANN (Internet Corporation for Assigned Names and Numbers),et D'autres partenaires nationaux et internationaux et présidé par Madame Kaba chargé de mission du ministère de la communication numérique. 

L'acceptation universelle est un système permettant à tous les internautes de pouvoir naviguer et de communiquer sur Internet à l'aide des noms de domaines et d’adresses de courrier électronique de leur choix et répondant mieux à leurs intérêts, à leur activité, à leur culture,à leur langue et à leur script.

Elle a pour objectif la prise en charge de tous les domaines et adresses de courrier électronique valides par toutes les applications et logiciels.

L'acceptation universelle a pour effet de promouvoir le choix des consommateurs , améliorer la concurrence et fournir un accès plus large aux consommateurs finaux.

Ismaël Ouedraogo,Président du comité d'organisation et Directeur général de ECODEV International et Élise Kaba conseiller Technique représentant Madame la ministre de la transition digitale et Isaï Toé Directeur général de l'ABDI

Le multilinguisme, clé de l'inclusion numérique 

Cela signifie qu'en permettant l'accès aux technologies numériques dans plusieurs langues, on ouvre la porte à une participation plus large, équitable et significative pour les populations du monde entier.

L’inclusion numérique, une opportunité numérique  

Beaucoup de ceux qui sont déjà en ligne et la plupart de ceux qui, le seront bientôt échangent dans leur langue maternelle. 

Soutenir un Internet multilingue et inclusif afin de bénéficier d’importantes retombées économiques et sociales significatifs, dont:

*L’amélioration de l’accès au e-commerce, aux communautés locales et aux gouvernements.

*La célébration et la diffusion des traditions culturelles via les langues promouvant ainsi la diversité et l’ouverture d’Internet.

lundi 26 mai 2025

Ghana :Des jeunes manifestent pour soutenir le Capitaine Ibrahim Traoré à l'occasion de la journée de l' Afrique



À l’occasion de la Journée de l’Afrique, célébrée chaque 25 mai des centaines de jeunes issus de divers pays africains résidant au Ghana ont participé à une marche de solidarité intitulée « Marcher avec Traoré ». Cette mobilisation visait à exprimer leur soutien au Capitaine Ibrahim Traoré ainsi qu’au peuple burkinabè.

Cette marche de solidarité, placée cette année sous le thème : « Justice pour les Africains et les personnes d’ascendance africaine par le biais des réparations ». Un thème qui souligne l’importance de la vérité, de la justice et de la réparation pour les injustices historiques liées à l’esclavage et au colonialisme.

L’initiative, portée par le mouvement panafricaniste Economic League Fighters, saluait l’engagement du président burkinabè pour la souveraineté économique et politique de son pays. Selon Raphael Williams, coordinateur du mouvement, le moment est venu pour les peuples africains de s’unir autour d’un objectif commun : l’émancipation du continent.

 Raphael Williams,a aussi déclaré que l’heure est venue pour les peuples africains de s’unir pour défendre une cause commune : l’émancipation du continent.

« L’Afrique doit montrer au monde qu’elle est capable de gérer ses propres affaires. L’Occident a éliminé de grandes figures comme Kwame Nkrumah, Mouammar Kadhafi ou Thomas Sankara. Nous ne devons pas permettre qu’un tel sort soit réservé au Capitaine Ibrahim Traoré », a-t-il soutenu.

Pour M. Williams, le président burkinabè incarne aujourd’hui l’espoir du continent : « Il est le dernier héros africain. Il a prouvé que l’Afrique peut se passer de l’Occident pour se développer et affirmer sa souveraineté ».

La communauté burkinabè vivant au Ghana s’est réjouie de cette mobilisation. Elle a exprimé sa reconnaissance au peuple ghanéen et réaffirmé son soutien au Capitaine Ibrahim Traoré. Elle a appelé l’Union africaine à garantir sa sécurité, estimant qu’il constitue un atout stratégique pour l’Afrique entière.

Source et illustration: AIB


Communiquer, c’est convaincre : quand la communication devient un art selon Bernard Dagenais

Dans le langage courant, communiquer signifie souvent « informer », « expliquer » ou « faire passer un message ». Pourtant, pour Bernard Dag...